EXPOSITION

Du 16 juin au 29 août 2026

Exposition « Marcel Jouhandeau et ses amis »

À travers un fonds d’archives rares — lettres et manuscrits de Cocteau, Gide, Desnos, œuvres de Marie Laurencin, Georges Braque, Jean Lurçat —, la Bibliothèque Multimédia de Guéret cartographie la trajectoire et les affinités de Marcel Jouhandeau.

Fils de boucher et mystique tourmenté, ami des plus grands artistes du siècle mais paria dans sa propre ville, Marcel Jouhandeau (1888-1979) est l'un des secrets les mieux gardés de la littérature française.

Entre le sang de la boucherie familiale et la gloire des avant-gardes parisiennes, redécouvrez l’homme qui a élevé un petit bourg de province au rang de mythe : Chaminadour.

 

L'ENFANCE CREUSOISE : ENTRE SANG ET ENCENS

Né dans la boucherie familiale de la rue des Pommes (aujourd’hui Rue de l'Ancienne Mairie), Marcel Jouhandeau a bâti, sur plusieurs décennies, une œuvre fleuve autour de sa ville natale, rebaptisée Chaminadour.
Une ville imaginaire, qui contrairement au Combray de Marcel Proust, fume du sang des bêtes, et non de la chaleur du thé. Surtout, Jouhandeau ne se limite pas à ses souvenirs d’enfance, mais ravive des récits bien antérieurs à sa naissance, élevant la chronique d’un petit bourg de province au rang d’un mythe.

 

DU GRANIT CREUSOIS À L’AVANT-GARDE PARISIENNE

L’exposition plonge d’abord dans l’enfance creusoise de Jouhandeau, et souligne la façon dont elle a façonné cette œuvre singulière. Ayant très tôt l’impression d’assister à la fin d’un monde, avec l'avènement de la laïcité, l’élève du Lycée de garçons de Guéret s'imprègne durant l’adolescence de philosophie, de théologie et de lectures mystiques.
À 20 ans, il quitte sa mère si chère et sa sœur, ainsi que sa ville natale, pour Paris. Publié dans La Nouvelle Revue française dès octobre 1920, le jeune Creusois se lie avec les figures littéraires les plus illustres du siècle, et rallie l’avant-garde parisienne, en particulier surréaliste.

 

UN TRÉSOR D’ARCHIVES

Une effervescence intellectuelle et amicale dont témoigne l’exposition avec un fonds rare de lettres, manuscrits et d’envois autographes inédits, signés Jacques Rivière, Colette, Maurice Martin du Gard, Jean Paulhan, André Gide, Jean Cocteau, Max Jacob, Tristan Tzara, Georges Bataille, Blaise Cendrars, André Breton, Henri Michaux, Philippe Soupault, Michel Leiris, Jean Giono, Albert Cohen, Robert Desnos, Paul Éluard, Paul Léautaud, Henri de Montherlant, Jean d’Ormesson, Marcel Pagnol…
L’exposition présente également des œuvres plastiques de Marie Laurencin, André Masson, Jean Lurçat, Georges Braque, Jean Dubuffet, Léonor Fini.

 

UN CREUSET D’INCOMPRÉHENSIONS

Un nouveau cercle amical qui dessine le fossé qui se creuse entre Jouhandeau et sa terre natale. À Guéret, il est mal accueilli lors de ses visites. Certains habitants, hermétiques à leur nouvelle dignité littéraire, refusent de se reconnaître dans ceux de Chaminadour. Rejeté par les siens, Jouhandeau le fut également par les hauts dignitaires de sa propre foi. Il est désigné « ennemi déclaré de Dieu » par L'osservatore romano, la voix du Vatican.

Dès 1939 ce grand lecteur de l’Ancien testament avait revendiqué son homosexualité dans De l'abjection, confession rarissime à l'époque, vécue comme une malédiction.

« Comment peux-tu être antisémite quand tu dois aux Juifs tous ceux à qui tu t’es donné, Marie, le Christ, les apôtres ? »
Jean Paulhan

La fin des années 30, puis la guerre, voient aussi l’auteur du livre honni et renié Le Péril Juif (1938) être pris d’une bouffée d’antisémitisme qu'il reniera.
Faute incompréhensible et inexplicable pour ses plus proches amis, au premier rang desquels Michel Leiris, André Gide, Jean Paulhan et le peintre Louis Marcoussis.

 

Bibliothèque Multimédia de Guéret
Avenue Fayolle
23000 Guéret

Du 16 juin au 29 août 2026
Entrée libre et gratuite


Liste des actualités Proposer une actualité